Enjeux

Le renouvellement de l’air intérieur doit fondamentalement satisfaire des exigences de confort et de santé pour les occupants. Il doit tout autant contribuer à la préservation du bâti. La mise en œuvre de ce renouvellement d’air ne doit pas compromettre le respect d’autres exigences telles que des exigences de performances énergétiques, de sécurité incendie et de confort acoustique.

Un bâtiment répond fondamentalement à l’objectif de créer un environnement protégé des éléments extérieurs. Les exigences sur cet environnement intérieur portent en particulier sur le confort (température, humidité, etc.) et sur la santé (qualité de l’air intérieur, etc.).

Si l’on ne renouvelle pas suffisamment l’air intérieur, l’enveloppe du bâtiment peut créer un environnement confiné qui n’élimine pas les pollutions produites à l’intérieur du bâtiment. Outre les conséquences sur la santé des occupants, l’accumulation d’humidité et les phénomènes de condensation peuvent altérer le bâtiment dans le temps.

Dans le même temps, un renouvellement d’air trop important peut altérer la performance énergétique des bâtiments et entraîner un inconfort pour les occupants. Par ailleurs, les systèmes qui assurent le renouvellement d’air doivent prendre en considération d’autres facteurs comme la sécurité incendie ou le confort acoustique.

Enjeux de confort et de la santé des occupants

Nous passons en moyenne 80% de notre temps dans des espaces clos, et l’air intérieur est généralement plus pollué que l’air extérieur.

Les pollutions altérant la qualité de l’air intérieur peuvent notamment provenir :

  • de la présence humaine (respiration),
  • des activités humaines (toilette corporelle, entretien ménager, préparation des repas, travaux, etc.),
  • des matériaux de construction, et objets d’ameublement et de décoration,
  • d’appareils de combustion et autres équipements,
  • de l’extérieur.

Les pollutions de l’air intérieur sont nombreuses et variées :

  • polluants chimiques gazeux et particulaires : particules, monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils (COV) (benzène, formaldéhyde etc.), fumée de tabac environnementale (tabagisme passif), pesticides, plomb, radon, amiante, légionnelles, etc. ;
  • agents allergènes : moisissures, acariens, allergènes d'animaux domestiques, allergènes de blattes, etc. ;
  • agents physiques : bruit, champs électromagnétiques, etc. ;

Par ailleurs, l'humidité (liée notamment à la présence et aux activités des occupants, ou aux dégâts des eaux) peut favoriser l'apparition de moisissures. La température et l'humidité peuvent avoir un impact sur le niveau d'émissions de polluants intérieurs. Le dioxyde de carbone (CO2) ne présente pas de danger aux concentrations retrouvées dans les bâtiments, son taux constitue un bon indicateur de confinement, et est lié à la densité d'occupation du local et à son renouvellement d'air.

Les effets sur la santé de la pollution de l’air intérieur vont de la simple gêne (odeurs, irritation des yeux et de la peau) au développement ou à l’aggravation de pathologies telles que les allergies respiratoires et l’asthme, jusqu’aux maladies cardio-vasculaires (particules) et cancers du poumon (radon, tabagisme passif, particules).

Un renouvellement d’air suffisant doit permettre de diluer et d’évacuer ces polluants.

Les sources d’humidité sont nombreuses à l’intérieur (séchage du linge, vaisselle, douches, respiration, etc.). L’eau est l’un des composants qui peut donc facilement s’accumuler dans l’air intérieur. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un polluant, des niveaux d’humidité relative excessifs (plus de 70%) ou trop faibles (moins de 30%) ne sont pas sans conséquence sur la santé.

Enjeux de préservation du bâti

Un excès d’humidité dans l’air peut aussi créer des phénomènes de condensation superficielle pouvant favoriser le développement de moisissure et, s’ils persistent, générer une accumulation d’eau dans les éléments constitutifs du bâtiment. Cette accumulation peut altérer les propriétés mécaniques et physiques du bâtiment.

Un renouvellement d’air suffisant doit veiller à ce que, s’ils se produisent, les phénomènes de condensation ne soient que passagers.

Enjeux énergétiques

En hiver, le renouvellement de l’air intérieur va remplacer un air chaud par un air extérieur qui ne l’est pas. En été, pour les locaux rafraîchis ou climatisés, le renouvellement d’air va remplacer un air frais par de l’air chaud. Ainsi, un renouvellement d’air non maîtrisé peut occasionner des déperditions énergétiques importantes.

Les systèmes de ventilation mécanisés consomment de l’énergie pour leur fonctionnement. Le choix du système et son dimensionnement sont également des facteurs importants à prendre en compte dans un contexte d’économies d’énergies. Ces consommations énergétiques sont encadrées par un règlement européen Ecodesign qui fixe des seuils minimaux de performance à atteindre pour ces équipements.

Plus globalement, la réglementation thermique incite à une maîtrise des consommations énergétiques résultant du renouvellement d’air et des systèmes qui renouvellent l’air.

Enjeux de sécurité incendie

La mise en œuvre du renouvellement d’air va occasionner l’installation de divers composants (bouches, conduits,…). En créant des ouvertures et des points de passage entre locaux, les réseaux de ventilation peuvent faciliter la propagation d’un incendie.

Des dispositions réglementaires existent pour limiter les risques de propagations du feu. Elles diffèrent suivant la nature  des bâtiments (bâtiments d’habitation, établissements recevant du public, locaux de travail).

Enjeux de confort acoustique

Des dysfonctionnements peuvent apparaître du fait d’erreurs de conception et/ou de dimensionnement, d'installation, d'usage et d'entretien des dispositifs de ventilation. Ces dysfonctionnements peuvent :

  • générer des nuisances sonores (sifflement, ronronnement, etc.),
  • favoriser la propagation du bruit à l’intérieur du bâtiment,
  • fragiliser l’isolement acoustique vis-à-vis de l’extérieur.

La réglementation acoustique vient encadrer ces différents aspects.