Principes de base

Le renouvellement de l’air intérieur repose sur un principe général relativement simple qui mobilise des forces naturelles et/ou mécaniques. Un bon renouvellement de l’air intérieur résulte d’une certaine quantité d’air déplacée entre des entrées et des sorties d’air judicieusement disposées dans le bâtiment.

Un bon renouvellement de l’air intérieur constitue l’un des enjeux majeurs dans le secteur du bâtiment, avec comme objectifs de préserver la santé des occupants et la pérennité du bâti.

Nous présentons ici les principes généraux de mise en œuvre d’un bon renouvellement d’air.

Bien distinguer aération et ventilation

Les termes d’aération et de ventilation sont souvent confondus à cause de leur sens proche.

  • La ventilation vise principalement à produire un renouvellement d’air maîtrisé, apte à satisfaire des exigences précises. Ces exigences peuvent être de natures réglementaires et/ou contractuelles.
  • L’aération consiste en une action locale et ponctuelle (ex. l’ouverture volontaire d’une fenêtre). Le renouvellement d’air est alors limité par la nécessité d’une intervention humaine et les conditions climatiques qui viennent influencer son efficacité. Dans les bâtiments anciens, l’aération constituait, avec les fuites d’étanchéité de l’enveloppe, le mode principal du renouvellement d’air. Dans les bâtiments d'habitation anciens qui disposent d’un véritable système de ventilation, l’aération demeure un complément nécessaire à la ventilation lors d'épisodes ponctuels générant inévitablement des pollutions plus intenses (entretien ménager, travaux engendrant des poussières, de la vapeur d'eau, etc.). Dans les bâtiments autres que d'habitation, l'aération exclusive par ouverture des fenêtres est autorisée, sous certaines conditions, comme mode de renouvellement d'air.

Principe général du renouvellement d’air

Le renouvellement de l’air intérieur s’effectue en principe de la manière suivante :

  • Des composants permettent l’entrée de l’air extérieur (air "neuf") et la sortie de l’air intérieur (air dit "vicié"). Suivant les systèmes cette communication avec l’extérieur se fera de manière directe – par des ouvertures, des bouches ou de grilles donnant sur l’extérieur – ou de manière distante – via des conduits ;
  • L’air intérieur est mis en mouvement de façon plus ou moins forcée, depuis les entrées d’air "neuf" vers les sorties d’air "vicié", de sorte d’assurer une dilution et l’évacuation des polluants de l’air intérieur.

Bien que l’on pense principalement à la quantité d’air renouvelé pour qualifier le renouvellement d’air, un bon renouvellement d’air repose tout autant sur la bonne circulation de l’air entre la (ou les) entrée(s) d’air "neuf" et la (ou les) sortie(s) d’air "vicié".

Ce parcours et la qualité du renouvellement d’air qui en résulte peuvent être altérés par :

  • une mauvaise répartition des entrées et sorties d’air dans les locaux (ex. trop proches les unes des autres),
  • des obstacles permanents ou temporaires (ex. un meuble qui occulte une entrée ou une sortie d’air, des portes intérieures fermées sans détalonnage),
  • des fuites parasites (ex. des défauts d’étanchéité dans l’enveloppe du bâtiment).

Les forces motrices à l’origine des mouvements d’air

Les mouvements de l’air intérieur sont engendrés par des différences de pressions (déplacement depuis les hautes pressions vers les basses pressions). Ces différences de pressions peuvent avoir différentes origines, naturelles et/ou mécaniques.

  • Le tirage thermique : Si l’air dans un conduit est plus chaud et plus léger que l’air extérieur, il s’échappe en partie haute et instaure une dépression en partie basse, proportionnelle à la hauteur du conduit et à la différence de température entre intérieur et extérieur ;
  • L’effet du vent : Quand il rencontre un bâtiment, il comprime l’air sur les parois qui lui font face et crée des dépressions sur les autres. Les entrées d’air et débouchés de conduits en toiture sont alors soumis à des pressions différentes, qui entretiennent une mise en mouvement de l’air dans le bâtiment ;
  • Des dispositifs mécaniques : Un équipement, le plus souvent un ventilateur, crée une dépression à la sortie d’air ou une surpression à l’entrée d’air, voire une combinaison des deux.

Bien que reposant sur un principe général relativement simple, il existe plusieurs moyens de renouveler l’air intérieur d’un bâtiment. Les systèmes de ventilation les plus courant sont présentés ici.

On retiendra aussi que le bon renouvellement de l’air intérieur n’est pas qu’une question de quantité d’air renouvelé mais qu’il résulte également d’une bonne circulation de l’air entre les entrées d’air "neuf" et les sorties d’air "vicié".